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Le mois de juin 2013 s’inscrit dans la parfaite continuité du second trimestre 2013 sur le marché des grands crus avec une légère baisse des cours : les indices Liv-ex Fine Wine 50 et 100 reculent de 0,4% tandis que le Liv-ex Fine Wine Investables est quasiment stable à -0,1%. Pourtant dans ce un contexte général morose, d’intéressantes opportunités demeurent, en particulier en se projetant à moyen et long termes.

La qualité des derniers millésimes a freiné de nombreux acteurs : 2011 et 2012 sont en effet de difficiles successeurs aux deux très grandes années que sont 2009 et 2010. Le cru 2013 s’annonce plus compliqué encore : à la floraison, les producteurs constatent plus d’une semaine de retard par rapport à 2007, millésime le plus tardif jamais enregistré.

Au-delà de la qualité des millésimes qu’il convient de relativiser, 2011 et 2012 offriront simplement de très bons crus à boire sans immense capacité de garde, les réticences des marchands sont majoritairement liées à la mauvaise adéquation entre qualité et prix de sortie en primeurs, d’où deux dernières campagnes particulièrement compliquées. L’écart le plus significatif se manifeste sur 2011. Sortis à des cours beaucoup trop hauts, les vins de ce cru s’échangent actuellement à des niveaux 20 à 30% inférieurs. Il est plus qu’envisageable que cette situation se reproduise, dans une moindre mesure, avec 2012. Ces fausses notes grippent littéralement l’ensemble du négoce bordelais qui représente encore la grande majorité des échanges.

La confiance des acteurs est également fragilisée par les incertitudes concernant les relations commerciales franco-chinoises : les désaccords autour des panneaux photovoltaïques et les menaces de taxation des vins français alourdissent un climat déjà tendu. Il est cependant selon nous nécessaire de rappeler que les grands crus (seuls actifs qui nous intéressent en tant qu’investisseurs) suivent un circuit particulier, via Hong-Kong, qui exonère très largement des taxes déjà existantes dans le Mainland.

Si le contexte à court terme est assurément délicat, il nous semble offrir d’intéressantes opportunités à moyen et long termes. Les stocks importants, les besoins de trésorerie et les incertitudes sont déjà très largement intégrés par les marchés qui ont corrigé de plus de 30% depuis juin 2011. Les cours actuels apparaissent alors comme de bons points d’entrée.

Nombreux s’accordent en effet à penser que la plupart des prix ont atteint un niveau bas en dessous duquel il paraît peu probable de descendre de manière significative. De notre point de vue, 2010, malgré son immense qualité intrinsèque, nécessite encore la plus grande prudence, 2011 et 2012 doivent être écartés.

De même, de véritables niches se démarquent, en particulier grâce au phénomène de rareté. Il est à ce titre significatif de constater que les vins de la rive droite de Bordeaux (Saint Emilion et Pomerol), où les productions sont 5 à 10 fois inférieures à celles de la rive gauche, affichent une performance de +13,8% depuis juin 2011 (Liv-ex 100 : -25%).

Enfin, la fréquentation en hausse du salon Vinexpo doit également permettre de relativiser le climat morose actuel. Globalement, le nombre de visiteurs a augmenté de 1,5% depuis la dernière édition de 2011. Plus intéressant encore, l’ensemble des marchés étrangers, en particulier les émergents, ont vu le nombre de leurs représentants croitre significativement. Cette donnée nous permet de rappeler que, mondialisée, la demande de vins français, en particulier de grands crus, est structurellement orientée à la hausse.

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