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Comme chaque mois, Patrimoine Grands Crus revient sur le marché des grands crus pour le mois écoulé. Pour la première fois depuis novembre 2012 les indices du Liv-ex affichent une performance générale négative au cours du mois passé : le Liv-ex Fine Wine Investables résiste le mieux (-0,6%) alors que les Fine Wine 50 et Fine Wine 100 reculent tous deux de 1,3%.

Après le ralentissement de mars, ce repli des cours n’indique, selon nous, rien de véritablement inquiétant. Cette tendance est relativement commune à cette période de l’année marquée par la traditionnelle saison des primeurs bordelais, particulièrement mobilisatrice en termes d’énergie et de trésorerie.

Une campagne de primeurs 2012 en ligne avec le marché?

La campagne 2012 se caractérise par un retour à des niveaux de prix enfin plus raisonnables que les années précédentes, en adéquation avec les cours des millésimes récents les plus accessibles, tels 2006 et 2007. Margaux, Mouton Rothschild et Haut Brion sont par exemple sortis à 240€ en première tranche (320-350€ en 2011), Lafite-Rothschild à 340€ (450€ en 2011). Seuls Angélus et Pavie, auréolés de leur nouveau classement de Premier Grand Cru Classé A de Saint-Emilion s’offrent le luxe d’une hausse significative : 180€ en 2012 contre 130€ en 2011. Forts de ce constat, de nombreux négociants affichent leur confiance pour cette saison, tout en reconnaissant leurs inquiétudes pour 2011, toujours délaissé par les marchés.

Mais cet optimisme est loin d’être unanimement partagé. Nombreux sont ceux, en effet, à estimer que l’incitation de Robert Parker à nettement baisser les prix (Twitter 28/03/2013) n’a pas été suffisamment entendue. Car s’il est indéniable que ce millésime 2012 offre de belles réussites, la qualité générale est loin d’être parfaitement homogène : les difficultés climatiques ont laissé des séquelles indélébiles, en particulier les pluies de la seconde semaine d’octobre. 2012 sera assurément plus une année de consommation, à court et moyen termes, que d’investissement. 2008 serait à ce titre un bon repère, mais cette année-là, en pleine crise financière, les tarifs étaient 20 à 60% moins élevés.

L’optimisme est toujours de rigueur

Cette analyse explique en partie les performances mitigées du mois d’avril. Par réaction face à un contexte global sensible, ou par besoin de liquidité, une part significative des acteurs du marché a donc adopté une stratégie de vente, en particulier des plus grands millésimes (Haut Brion 2010 : -6,3%, Lafite Rothschild 2009 : -5,2%, Mouton Rothschild 2005 : -6% et Petrus 2000 : -10%).

Conformément au phénomène que nous soulignons depuis plusieurs mois, les millésimes les plus accessibles des plus grands Châteaux affichent au contraire de belles performance : l’un des plus beaux exemples, Mouton Rothschild 2004 dont le cours s’est apprécié de 37% en 6 mois. Tendance, selon nous, intimement liée à une forme d’immaturité des marchés les plus porteurs, notamment asiatiques, dans lesquels, en généralisant, la marque, l’étiquette suffisent quel que soit le millésime.

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